Productions en cours

Carnet de résidence / Rock Against Police de Nabil Djedouani

Résidence Frontières 2019
Grec - Musée national de l'histoire de l'immigration

La résidence de Nabil Djedouani au Musée de l'histoire de l'immigration et l'avancement de son projet de film Rock Against Police sont à suivre sur la page Rock Against Police, dont des extraits sont publiés ici.
Pour en savoir plus sur le projet.

 

21 janvier 2019

" Depuis quelques semaines je poursuis mon travail de documentation autour des concerts Rock Against Police. Il faut dire qu'ils sont plutôt rares les articles et ouvrages traitant de cette question. 
A la médiathèque Abdelmalek Sayad du Musée National de l'Histoire de l'immigration, je retrouve le livre du journaliste Paul Moreira édité en 1987 et consacré au "Rock Métis". Cet ouvrage est pour moi une référence essentielle quant au travail de redécouverte de la scène musicale d'expression algérienne des années 1980 que je tends à valoriser via le soundcloud Raï and folk *.  

Le chapitre consacré au "Rock Arabe" s'ouvre sur une photo de Mad Sheer Khan aussi connu sous le nom de Mahamad Hadi. Ce musicien d'origine iranienne, né à Alger, passé par le rock progressif avec sa formation "Rahmann" (1980) collaborera avec de nombreux artistes tel que Nico du Velvet Underground et Mounsi.

C'est dans les pages consacrées à ce dernier qu'il est fait référence à l'expérience Rock Against Police. 
Paul Moreira écrit : "En 1980, Mounsi participe à la création de "Rock Against Police". Le Concept lui correspond tout à fait : s'appuyer sur la culture de combat rock chez les jeunes immigrés pour mettre en valeur les comportements révolutionnaires des banlieues. Ce mouvement politique informel - composé de maos, d'ex-autonomes et de jeunes immigrés en rupture de ban des organisations politiques traditionnelles -organise des concerts-débats sur plusieurs terrains vagues de la banlieue parisienne. On parle de coordonner toutes les banlieues, glissement surréaliste de la stratégie maoïste de l'encerclement des villes par les campagnes".

Plus loin Mounsi évoque sa tristesse, sa déception peut-être. Il me semble important de le retrouver, recueillir sa parole, plus de 35 ans après.

Demain je rencontrerai Mogniss Abdallah, l'un des initiateurs de ces concerts."

 

https://soundcloud.com/raiandfolk

 


 

 

31 janvier 2019
 

" Il y a quelque temps, je lisais dans le numéro "Cinémas de l’émigration n°3, CinemAction n°24" de janvier 1983 un article consacré au travail d'un groupe appelé le "Collectif Mohamed"...
Entre 1977 et 1981, "Le Collectif Mohamed" (parfois connu comme "Le collectif "Les joints de culasse") réalise trois films en Super-8 : "Le garage", "Zone immigrée", et "Ils ont tué Kader". Ces films au style hétéroclite vont de la mise en scène participative du "Garage", plan de situation des jeunes du quartier des Maisons Blanches à Alfortville, au militantisme affiché de "Ils ont tué Kader", documentation « à chaud » d’une manifestation suivant le meurtre du jeune Abdelkader Lareiche et qui cherche à imposer une vision de l’intérieur de ces événements, en passant par l’enquête plus classique sur la violence de "Zone immigrée".
J'ai cherché ces films pendant des mois quand, miraculeusement, il y a quelques jours une personne m'envoie spontanément les trois films : "Ça devrait te plaire. Voilà. Bonne soirée". Désarçonné, je découvre ses images d'une force incroyable tournées en Super 8 à la fin des années 1970.
"C'est mon ami Mohamed Salah qui a réalisé les films, je te le présente si tu veux. C'est vraiment un grand ami à moi".
Rendez-vous est pris au Musée National de l'Histoire de l'Immigration. Autour d'un café nous évoquons toute cette époque, les conditions de productions de ces films, les personnes derrière ce collectif, les trajectoires des uns et des autres. Bien que contemporain des concerts Rock Against Police , le collectif n'a pas couvert l'événement. Cependant la musique, la danse, le politique sont bien présents dans les films. Mohamed me parle d'un film que je n'ai pas encore vu, sorte d'épilogue à ce tryptique intitulé "Kermohamed, la déglingue de A à Z":
-Pourquoi "Kermohamed" ?
-Touati l'autre réalisateur du collectif se foutant de moi voulait me faire passer pour un breton !
Je retrouve une affiche de ce film illustrée par "Last Siou" (qui illustra les journaux autonome "Rock Against Police"), on peut aussi y lire un extrait de la "Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France" de Jacques Prévert : 
"Dehors, c'est le printemps, les animaux, les fleurs, dans les bois de Clamart on entend les clameurs des enfants qui se marrent, c'est le printemps, l'aiguille s'affole dans sa boussole, le binocard entre au bocard et la grande dolichocéphale sur son sofa s'affale et fait la folle".
Je retrouve dans ces lignes toute la sereine malice de Mohamed Salah, le ton de toute une époque.
J'aimerais que le film soit parcouru de cette gouaille, de ce parler populaire, d'une insolence moqueuse. J'aimerais aussi que les archives du collectif soient au coeur du film. Je m'interroge encore sur la forme que cela prendra.
Mohamed me file le numéro de Mounsi. J'espère le rencontrer à mon retour de Lyon. Là-bas j'espère retrouver les membres fondateurs de "Zâama de Banlieue" et les musiciens de "Carte de Séjour".
A suivre, donc...

En illustration divers articles du début des années 1980 sur le travail du Collectif Mohamed :
-«Un outil d’enquête», Mohamed, Cinéma contre le racisme, numéro spécial hors série - CinémAction -Tumulte, supplément à Tumulte n°7, 1981, pp.86-88.
-«Le Garage, Zone immigrée, La mort de Kader», Christian Bosséno et Touati, Cinémas de l’émigration n°3, CinemAction n°24, janvier 1983 pp.128-129.
-Affiche du film "Kermohamed, la déglingue de A à Z"

 

 

 

 

 

 

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